17 Août Félicie, étudiante Bougainville et future VOA Biodiversité pour 2026-2027
Qui êtes-vous, quel est votre parcours ?
Je m’appelle Félicie, j’ai 23 ans et je suis récemment diplômée ingénieure en biomédical et bio-informatique. J’ai réalisé toutes mes études supérieures à l’UTC de Compiègne, entrecoupées de semestres à l’étranger pour un Erasmus puis une césure en Amérique du Sud. J’ai également effectué deux stages de six mois en bio-informatique sur le microbiote digestif humain. Finalement, même quand je n’étudiais pas le plancton, je travaillais déjà sur de l’infiniment petit !
Lors de mon dernier stage, après mes six mois au Pérou et en Bolivie, j’ai eu du mal à trouver un sens à mon travail. J’avais besoin de plus de mouvement, de découvertes et surtout d’un lien plus fort avec l’environnement et la nature. Je voulais me sentir utile. Alors, quand j’ai reçu le mail présentant la mission Bougainville dans ma boîte mail étudiante, ça a été une véritable révélation !
Je n’ai jamais suivi de cours de biologie marine ou d’océanographie, mais j’ai toujours été passionnée par la nature et j’ai toujours voulu contribuer à la protection de l’environnement. Je savais aussi que mes connaissances en biologie et en informatique me seraient utiles et que je pourrais acquérir les connaissances qui me manquaient grâce aux différentes formations proposées. Mais surtout, le sujet du plancton m’a tout de suite passionnée : étudier cet univers invisible, pourtant essentiel au fonctionnement des écosystèmes marins, me rappelait beaucoup le microbiote humain sur lequel j’avais travaillé. Alors c’était décidé : j’allais tout donner pour intégrer la mission.
Pourquoi avez-vous postulé pour la mission Bougainville ?
La mission Bougainville est une opportunité unique de m’investir dans un projet scientifique de grande ampleur tout en vivant une expérience embarquée. L’environnement militaire est un univers que je souhaite découvrir et qui, je pense, me correspond par sa rigueur, ses valeurs et son esprit d’équipe, que je retrouve dans le scoutisme que j’ai pratiqué pendant de nombreuses années. Cela me permettra aussi d’apprendre les bases de la navigation.
La médiation scientifique est également un aspect majeur de la mission. Je trouve essentiel de savoir rendre accessibles et intéressants des sujets aussi importants. Le défi est encore plus grand quand ce qu’on étudie est invisible à l’œil nu. Mais je pense qu’en marquant les esprits, on peut faire évoluer les mentalités. Grâce à mes expériences d’animatrice et à ma participation à la Fête de la Science de mon école, j’ai pu voir que cela fonctionnait, et j’ai vraiment envie de m’investir dans cet aspect de la mission.
Enfin, en travaillant sur un projet de recherche environnementale, j’aurai découvert un autre domaine de la recherche, après la recherche médicale. Cette expérience m’aidera à mieux définir mon avenir professionnel et à trouver une voie qui ait du sens pour moi, autant sur le plan humain que technique. J’aurai acquis des expériences très différentes, et il me restera à trouver comment les combiner.
Vous allez naviguer pendant une année de l’autre côté du monde. Qu’en attendez-vous ?
J’ai surtout hâte de découvrir la vie embarquée, avec des missions qui peuvent durer plusieurs mois. Je sais que ce ne sera pas toujours facile, mais c’est aussi ce qui me motive. J’aime l’aventure et sortir de ma zone de confort. Jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours vécu mes aventures en montagne ; cette fois, ce sera sur la mer, et je vais devoir tout réapprendre ! Au-delà de la mission scientifique, j’ai aussi hâte de découvrir les escales et donc découvrir de nouveaux endroits et de nouvelles cultures, que je n’aurais jamais découvert autrement.
J’ai aussi très envie de mettre en pratique tout ce que nous avons appris pendant les formations : réaliser les protocoles, analyser les résultats et voir la base de données s’enrichir en sachant que j’y aurai contribué. J’ai également hâte de progresser en taxonomie du plancton et de devenir de plus en plus autonome sur ces sujets.
Votre parcours vous semble-t-il vous avoir bien préparée à cette mission ?
Mon diplôme d’ingénieur ne m’a pas formée directement aux sciences de la mer, mais j’ai acquis de solides connaissances en microbiologie ainsi que de nombreuses compétences en laboratoire, en bio-informatique et en analyse de données grâce à mes stages sur le microbiote humain. Je peux donc mettre ces compétences au service de l’analyse des données recueillies pendant la mission.
En parallèle, j’ai réalisé un volontariat avec les PIF (les Planktonautes d’ïle-de-France animés par Sahima Hamlaoui du Muséum national d’Histoire naturelle), qui organisent des ateliers sur le plancton dans les écoles, et j’ai suivi l’UE d’été MicroWorlds avant d’intégrer les formations Bougainville. Toutes ces expériences m’ont permis d’acquérir progressivement les compétences qui me manquaient, et les formations Bougainville, complétées par la formation militaire, me donnent aujourd’hui confiance pour être prête à partir en mission.
Enfin, mes expériences en animation, dans le scoutisme et en volontariat m’ont beaucoup appris sur les techniques d’animation et de vulgarisation scientifique. Je me sens donc prête à intervenir devant une classe ou à échanger avec le grand public.

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