06 Août L’ingénieure coordinatrice de la mission : Zoé Raphalen
Qui êtes vous ? Quel est votre rôle dans la mission ?
Je suis Zoé Raphalen, ingénieure coordinatrice de la Mission Bougainville. J’ai rejoint l’aventure mi-juin après avoir travaillé sur différents projets autour de l’ADN environnemental et de la biologie moléculaire en milieu aquatique et marin.
Mon rôle principal dans la Mission Bougainville s’inscrit dans plusieurs volets. Premièrement, je m’assure que les VOA partent avec tout le bagage scientifique et technique nécessaire pour assurer leurs missions, en mer comme à terre. Cet été, en plus de la préparation militaire, ils seront donc formés à la mise en place de plans d’échantillonnage, aux protocoles d’imagerie du plancton et de génomique et à l’analyse des premières données obtenues. Ils devront également savoir faire face à diverse éventualités du terrain : pannes de matériel, tempête, résultats surprenants, etc.
Ensuite, depuis Roscoff, j’assurerai une fonction de support et de conseil auprès des VOA tout au long de leur mission. Je m’occupe aussi de la logistique du flux des données et des échantillons, et enfin de faire le lien avec le comité scientifique Bougainville, Plankton Planet, la Marine Nationale ou encore et les laboratoires partenaires.
Pouvez vous détailler les aspects pratiques de la formation?
La formation des VOA s’étire sur plusieurs sessions au cours de l’été. La première a eu lieu sur 2 semaines en Juillet au Laboratoire d’Océanographie de Villefranche-sur-Mer : nous avons notamment travaillé sur le contexte océanographique, les questions d’effets d’île et les spécificités des milieux tropicaux et sub-tropicaux avec Guillaume Bourdin et Emmanuel Boss, de l’Université du Maine, et avec Ines Mangolte, de l’IRD Nouvelle-Calédonie. Les VOA ont été formés à l’imagerie quantitative et à l’utilisation du Planktoscope avec Fabien Lombard et l’équipe de la PIQV (Plateforme d’Imagerie Quantitative de Villefranche-sur-Mer). Morgane Guillam, que je remplace à ce poste de coordination, a également formé les VOA sur quelques aspects techniques : utilisation de la CTD, montage et réparation d’un filet à plancton.
Courant Août, nous serons à Roscoff pendant une semaine pour une session dédiée à la génomique avec Erwan Legeay et Nicolas Henry, spécialisés respectivement dans les protocoles d’échantillonnages et l’analyse des données. Nous aurons également l’occasion d’embarquer sur la Neomysis, le navire de la Station Biologique, pour s’entraîner aux protocoles complets à bord.
Après Roscoff, les VOA partiront pour un mois à Lanvéoc : ils seront entre les mains de l’école navale pour leur formation militaire. Je les y retrouverai à la fin du mois de septembre, pour une dernière semaine de formation scientifique : nous réaliserons de nouveau des séquences de prélèvements et des analyses sur des embarcations militaires pour les préparer au mieux avant le grand départ.
Quelles seront les relations que vous entretiendrez avec les VOA tout au long de l’année ?
Étant leur référente pour toutes les questions scientifiques et techniques, eux comme moi auront toujours des questions les uns pour les autres et nous serons en contact très fréquemment, surtout au début de leur mission. Les VOA étant dispatchés entre la Nouvelle-Calédonie, la Réunion et la Polynésie Française, c’est une petite organisation pour trouver des créneaux de discussion à 7. Je reprends donc le rythme mis en place par Morgane, qui marche très bien : une visio hebdomadaire, avec les VOA à terre, pour faire un point sur les échantillons prélevés, le matériel, les actions de médiation, les chercheurs rencontrés sur place, etc. En revanche, lorsqu’ils sont en mer, ils n’auront pas forcément accès à un réseau internet, ils devront donc être autonomes pour réagir en cas de difficulté.
Que pensez de cette quatrième promotion ? quels seront ses défis ?
Puisque je suis arrivée récemment, je n’ai pas pris part au recrutement de cette promotion mais je remercie mes collègues ! Clara, Elsa, Félicie, Sarah, Amaury et Robin sont motivés, curieux et sauront apporter une touche personnelle bienvenue pour partager leurs connaissances du plancton lors des actions de médiation. Leur plus grand défi sera d’emmagasiner, en à peine 2 mois, l’intégralité des protocoles et des procédures de leur mission, côté scientifique comme militaire. Évidemment, elles et ils devront aussi s’adapter à un environnement complètement nouveau, tant d’un point de vue professionnel que personnel, mais j’ai confiance en eux et je suis convaincue que cette année se déroulera au mieux.
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