Que sont-ils devenus ? Hugo Zaccomer VOA Biodiversité de la première promotion 2023-2024

Que s’est-il passé depuis la fin de votre mission Bougainville fin 2024 ?

J’ai débuté en 2025 une thèse au sein du laboratoire MARBEC à Montpellier, portant sur la diversité microbienne associée à la macrofaune aquatique dans les écosystèmes de mangrove. Autrement dit, je m’intéresse aux bactéries, aux virus et aux champignons microscopiques qui peuplent ces forêts aquatiques tropicales, retrouvés à la fois dans l’eau et le sédiment, mais aussi à la surface des animaux aquatiques comme les poissons, les crabes ou les mollusques. Pour cela, j’ai collecté des échantillons microbiens en Guyane, au Vietnam, au Sénégal et à Madagascar, afin de comparer les effets des spécificités physico-chimiques de chaque zone et des activités humaines sur les compositions microbiennes. J’analyse maintenant les données récoltées pour partager mes résultats avec la communauté scientifique.

 

Comment envisagez-vous l’avenir ?

Qu’il s’agisse des plus petits virus ou des plus grands copépodes, le monde microbien marin est un univers fascinant que j’aimerais continuer à étudier. Le domaine de la recherche offre la possibilité d’affiner son parcours en continu, grâce à l’expérience acquise lors des contrats post-doctoraux. J’aimerais ainsi continuer à me spécialiser sur l’analyse des données issues d’outils moléculaires innovants pour la description des communautés microbiennes, tout en conservant un volet opérationnel en participant à la conception de missions sur le terrain.

 

Votre expérience dans la mission Bougainville vous est-elle utile dans votre travail de recherche ? 

La thèse est un travail de longue haleine qui impose une certaine autonomie, notamment en termes d’organisation et de priorisation des tâches, autant de compétences que j’ai pu développer en travaillant dans l’environnement nouveau de la Marine à bord du D’Entrecasteaux. Mon expérience de terrain m’a également été très utile pour organiser les quatre missions réalisées pendant ces deux premières années de thèse, qui demandent une logistique importante, que ce soit pour la conception des protocoles ou la gestion du matériel scientifique par exemple.

 

Qu’est-ce qui vous a surpris ? Qu’y avez-vous appris ?

Ce qui m’a surpris en arrivant ? Tout. Si je connaissais l’univers de la voile, celui de la Marine Nationale m’était étranger. Chaque acronyme, chaque règle, chaque habitude, chaque tradition me laissait perplexe. Et puis j’ai compris peu à peu que cet assemblage si particulier était à l’origine de l’esprit unique que l’on rencontre à bord d’un bâtiment de la Marine. La rencontre inédite des mondes scientifique et militaire si différents m’a ainsi obligée à m’adapter en permanence, aux missions du bâtiment pour planifier les prélèvements ou aux interlocuteurs de l’état-major et de l’équipage pour pérenniser cette collaboration.

 

Avez-vous conservé des liens avec les personnes que vous avez rencontré à cette occasion, dans la marine ou dans les labos de recherche ?

Nous conservons un lien régulier au sein du groupe de VOA de ma promotion mais aussi avec les équipes scientifiques, pour le suivi des données et l’exploitation des résultats notamment. J’ai aussi gardé contact avec plusieurs marins de mon équipage et anciens VOA, que je croise régulièrement à Paris ou à Toulon.

 

Quels sont vos meilleurs souvenir de votre année sur le D’Entrecasteaux ?

La vie en équipage au rythme des quarts et des missions, la tension générale en passerelle pendant une manœuvre sous un vent violent, l’émerveillement continu à chaque escale dans une nouvelle île, les poissons volants le long du bâtiment, les éclats de lumière du plancton bioluminescent : tous ces moments forts s’ajoutent à la longue liste de souvenirs amassés pendant cette année inédite de navigation dans le Pacifique.

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