29 Mai Que sont-ils devenus ? Hugo Zaccomer VOA Biodiversité de la première promotion 2023-2024
– Quel a été votre parcours professionnel depuis votre retour de Nouvelle Calédonie en 2024 ?
A la fin de mon année de VOA Biodiversité, j’ai été recruté sous contrat au sein du Laboratoire d’Océanographie de Villefranche (LOV) en tant qu’assistant ingénieur au développement taxonomique du PlanktoScope. Ce poste était pour moi une parfaite transition après la Mission Bougainville car j’avais pu prendre en main ce microscope dans chacun de mes échantillonnages. Durant cette année, mes objectifs furent de développer mes compétences en identification du microplancton pour pouvoir publier un jeu de donnée de référence ainsi qu’un guide d’identification de ces organismes. Ces outils open-source permettront de faciliter le tri et l’identification des organismes observées par le PlanktoScope pour de nombreux chercheurs ainsi que les futurs VOA. Une autre mission fut de développer et de publier un package R pour analyser de façon homogène les données issues du PlanktoScope. Enfin j’ai été recruté pour participer à la formation de l’ensemble des nouveaux utilisateurs du PlanktoScope ainsi que l’animation d’un atelier taxonomique auprès de chercheurs européens.
– Quels sont vos projets ?
Pouvoir continuer à travailler sur le plancton est pour moi mon plus gros projet. Mon contrat venant tout juste de se terminer, j’aimerais mettre à profit mon expertise d’identification auprès de laboratoires de recherche en tant qu’ingénieur. La vulgarisation scientifique et tout particulièrement la vulgarisation du plancton est aussi une branche que j’aimerais explorer car je suis persuadé qu’il y a beaucoup à faire dans ce sens pour participer à une prise de conscience globale sur l’importance de ce monde invisible.
– Est ce que votre expérience dans la mission Bougainville vous est utile ou vous a été utile dans votre parcours professionnel ? comment ?
Mon expérience m’a non seulement été utile mais elle m’a profondément aidé dans mon parcours. Après mon master, je n’avais pas vraiment d’idée sur ce que je voulais faire (entre une thèse ou non) et puis tous les sujets m’intéressait. Je me suis donc engagé pour pouvoir prendre le temps de la réflexion et mûrir ces choix. En l’observant quotidiennement lors de mes missions, le plancton c’est alors imposé assez naturellement à mes yeux comme la partie du monde marin que je souhaite le plus explorer dans le futur.
De plus la vie embarquée sur un bâtiment de la Marine Nationale m’a permis de grandir humainement et de prendre du recul sur mes connaissances du monde marin. Bien qu’organiquement différent, le milieu universitaire et militaire se rejoint autour d’un besoin commun : Comprendre l’océan.
– Avez-vous conservé des liens avec la mission et les VOA ? avec les marins que vous avez rencontrés ?
Effectivement, je continue à collaborer étroitement avec la mission Bougainville et les VOAs sur les sujets concernant le PlanktoScope et l’analyse des résultats d’imagerie. Mais plus largement, la Mission Bougainville étant unique, nous gardons des liens très étroits entre les VOAs et les différents coordinateurs scientifiques. C’est assez similaire du côté de la Marine. Après 6 mois cumulés sur le même bateau, de fortes amitiés se forgent et je revois régulièrement des amis qui sont toujours dans les armées.
– Quels souvenirs gardez-vous de cette année sur le d’Entrecasteaux ?
Le sentiment de vivre pleinement chaque seconde embarquée. Les prélèvements sportifs de plancton dans des conditions dégradés. L’ambiance familiale du bord et des marins qui permettent d’oublier qu’on est seul au milieu de l’océan. L’excitation en vue d’une île pour une escale. L’adrénaline lors d’un changement de mission. Le privilège de pouvoir vivre déconnecté dans un monde ultra connecté.

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