10 Oct Que sont-ils devenus ? Thomas Finet VOA Biodiversité de la première promotion 2023-2024
Que s’est il passé depuis la fin de votre mission Bougainville fin 2024 ?
A l’issue de la mission Bougainville, j’ai débuté une thèse en Angleterre, deux mois après la fin de mon contrat. J’ai rejoint une équipe de modélisation et mon projet de thèse vise à améliorer la représentation des diatomées, un groupe phytoplanctonique, dans les modèles biogéochimiques globaux. En effet, les diatomées jouent un rôle clé dans le cycle du carbone océanique, en contribuant à l’export de carbone organique dans l’océan profond. Les mécanismes conduisant à ces événements d’export sont encore mal compris, et améliorer leurs représentations dans des modèles biogéochimiques globaux permettait de mieux quantifier l’impact des changements climatiques futurs sur le cycle du carbone océanique.
Comment envisagez vous l’avenir ?
Je souhaite devenir enseignant-chercheur en écologie marine, et poursuivre une carrière académique après ma thèse. Idéalement j’aimerais combiner des approches de terrain et de modélisation.
Votre expérience dans la mission Bougainville vous est elle utile dans votre travail de recherche ?
Oui. Maintenant que je travaille derrière un ordinateur, avoir eu la chance de passer autant de temps à observer les organismes que j’essaie maintenant de modéliser est un véritable atout. L’expérience du terrain permet non seulement d’appréhender la diversité de nos organismes d’intérêt mais aussi de mieux se représenter l’environnement dans lequel ils évoluent.
Qu’y avez vous appris ?
La mission Bougainville m’a permis de gagner en autonomie. En étant le seul scientifique à bord d’un bâtiment militaire, j’ai régulièrement été confronté à des situations imprévues, sans solution immédiate apparente : casse de matériel, problèmes informatiques, changements soudain de mission, absence de coiffeur, etc. La mission reposait également sur un important travail d’équipe, aussi bien avec les scientifiques et ingénieurs, pour les aspects méthodologiques liés aux prélèvements, qu’avec l’équipage pour les échantillonnages de routine. Enfin, j’ai eu le privilège de travailler avec Manon, mon incroyable binôme, pour faire face à l’ensemble de ces imprévus.
Qu’est ce qui vous a surpris ?
L’arrivée à l’École navale, un mois après avoir terminé notre Master 2, a été une transition aussi abrupte qu’intéressante. Comprendre progressivement l’organisation de la Marine, ses traditions et ses missions, de notre passage à l’École jusqu’à notre déploiement en unité, a été une source constante de surprise et de découverte.
Avez vous conservé des liens avec les personnes que vous avez recontrées à cette occasion, dans la marine ou dans les labos de recherche ?
Oui, j’ai gardé de bons liens tant avec les officiers qu’avec certains membres de l’équipage, que j’ai pu recroiser après avoir débarqué du Champlain. La mission Bougainville m’a aussi permis de rencontrer d’autres VOA, qui sont aujourd’hui des amis et collègues doctorants, et avec qui j’ai la chance de collaborer sur l’analyse scientifique des résultats de Bougainville.
Quels sont vos meilleurs souvenir de votre année sur le Champlain ?
Les longues discussions pendant les quarts de nuit, sous le ciel étoilé de l’océan Indien, en regardant le plancton bioluminescent scintiller dans l’étrave du Champlain, restent de très bons souvenirs. Plus généralement, la vie d’équipage ainsi que la vie en mer ont été une expérience particulièrement marquante, et je dois bien avouer que je suis parfois nostalgique de cette ambiance.
Recommanderiez vous à un jeune étudiant de postuler pour la mission ?
Oui, je recommande fortement à tout étudiant ayant un gout pour l’aventure et la mer de saisir cette chance.

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